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Zwewla et la polémique sur le graffiti en Tunisie (Part 2)

Le procès des deux jeunes graffeurs du groupe Zwewla a été reporté au 27 mars 2013. Tout de même, la polémique autour du graffiti continue, et nous continueons avec cette deuxième partie de notre article sur le graffiti en Tunisie, en évoquant cette fois, son rapport avec la politique et en proposant des solutions pour sortir du bloquage .

Le graffiti est il un crime ? A vous de juger

Zwewla : quand la politique se mêle au graffiti


Le graffiti étant une forme de liberté d’expression, il va de soi qu’il constitue un moyen d’exprimer ses idées, ses opinions, sur des faits sur la scène sociale et politiques notamment.
Ceci est d’ailleurs le cas pour le groupe Zwewla qui, à travers ses messages peints sur les murs principalement avec des pochoirs, clament le droit des pauvres et plus démunis, et réclament la liberté d’expression dont tout le peuple tunisien est assoiffé après plus de 50 années de dictature.

On peut lire alors dans les tags de Zwewla :

- "La 3élmeni lé Eslémi thawretna thawret Zawéli": La révolution n’est ni celle des laïcs ni celle des islamistes. Notre révolution est celle des pauvres.
- "Al- Châab yourid hak ezawéli" : Le peuple demande le droit des pauvres.
- " Ha9 Ezzaweli Wajeb ": donner le droit du pauvre est une obligation.

Mouvement de solidrité avec les membres du groupe de graffeurs Zwewla

Des messages clairs, qui émanent des principales revendications de la révolution des jasmins. Des messages politiques ? pas forcément, sauf si l’on considère toute revendication de droit et toute expression d’idées comme acte d’opposition.

La politique s’est en fait mêlée au procès de Zwewla à un autre niveau. Le mouvement de soutien qui s’est déclanché en faveurs des jeunes graffeurs arrêtés a été supporté par de nombreux artistes, associations et ONG nationales et internationales, jugeant les accusations comme  disproportionnées et le procès de Zwawla une atteinte à la liberté d’expression et de la création.


Des partis politiques tel que Le Front Populaire a même créé un évènement à cette occasion. Pour lui, la condamnation des deux jeunes est un acte claire de censure de la liberté d’expression, une carte politique de plus à exploiter dans le « combat » qui dure déjà depuis des mois contre le gouvernement actuel d’ Ennahdha et la Troika .


Il faut dire que la condamnation faite aux deux jeunes soulève plusieurs questions : violation de l’état d’urgence, propagation de fausses informations portant atteinte à l’ordre public et tags sans autorisation sur les murs de bâtiments publics. N’est-ce pas trop pour quelques tags sur un mur d’université ?


Alors, le graffiti : Halal ou Haram ?


Alors que faire pour sortir le graffiti du blocage ? Difficile de trancher entre, d’une part, la répression d’actes de vandalismes tel que les tags anarchiques, et la censure artistique et limitation de la liberté d’expression d’autres part.

Pour sortir le Street Art de ce blocage, beaucoup de responsabilité des différentes parties est nécessaire. Interdire le graffiti serait un crime contre cet art à part entière. Une interdiction essayée ailleurs dans d’autres pays occidentaux, et s’est toujours terminée avec un échec. Faut il prendre la leçon..

Graffiti Sayeb Saleh #Free Zwewla
Sensibiliser et éduquer les plus jeunes au bon goût serait la bonne solution. Réserver plus d’espaces pour les jeunes graffeurs pour s’exprimer : murs des maisons de jeunes, clubs culturels, terrains et complexes sportifs, clôtures de la SNCF, pourquoi pas. Rappelez vous du mur de Berlin..

Multiplier les évènements de graffiti et du Street Art offrirait aussi l’occasion aux jeunes pour côtoyer les graffeurs les plus talentueux, apprendre les bonnes pratiques, et les bonnes techniques de cet art, pour s’éloigner de la laideur et de l’anarchie, faire de beaux graffitis et développer constructivement cette discipline.

Croire que tout cela sera pour demain est une tromperie. Notre société tunisienne est en pleine mutation, et il faudrait accepter ces quelques débordements qui restent peu graves par rapport à d’autres défis sociaux, culturels et économiques qu’affronte notre pays dans cette période transitoire. La sensibilisation et la responsabilité commune, celles de nous jeunes notamment, finira par donner au graffiti tunisien ses beaux jours, inchallah..
Fourni par Blogger.